AD128: 50 ans après, la liberté d’association est bien ancrée en Afrique, quoique loin d’être absolue

Round 6
16 December 2016
Publication

Il y a cinquante ans d'aujourd'hui, l'Assemblée Générale des Nations Unies (ONU) a consacré la liberté à laquelle nous tenons probablement depuis notre évolution en animaux sociaux – le droit de se réunir et de s'associer librement. Le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), qui a été adopté avec le Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC), établit le droit de réunion pacifique (Article 21) et à la liberté d'association (Article 22), entre autres droits fondamentaux de l'homme.

Comme l'indique l'ONU en marquant ce demi-siècle, les libertés de réunion et d'association « permettent d'exercer beaucoup d'autres droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux, qui permettent aux gens d'exprimer leurs opinions politiques, de s'engager dans des activités artistiques, de s'engager dans des pratiques religieuses, de se joindre à des syndicats, d'élire des dirigeants, et les tenir responsables ». En tant que tels, ils jouent « un rôle capital » dans la construction et la consolidation de la démocratie (Rapporteur Spécial de l'ONU, 2016a).

Tous les pays africains à l'exception du Soudan du Sud sont signataires ou états parties au PIDCP, ce qui les engage à « prendre des mesures positives en vue d'établir et maintenir un environnement favorable » aux associations – des groupes de prière aux groupes de discussion en ligne, en passant par les manifestations, les syndicats, les partis politiques ou même – oui, pour autant qu'il soit pacifique – une fête d'anniversaire. Aucun participant à une association ne devrait craindre les actes de harcèlement, les interdictions de voyager, ou les campagnes de dénigrement, encore moins la violence ou la détention (Rapporteur Spécial de l'ONU, 2016b).

À quel point les gouvernements africains respectent-ils leur engagement? Etant donné les inquiétudes des défenseurs des droits de l'homme relatives au rétrécissement de l'espace civique (Freedom House, 2016) et la persistance dans les manchettes de la répression dans les rues et sur la toile (par exemple Human Rights Watch, 2016), à quel point les Africains se sentent-ils libres d'exercer leur droit d'association – surtout avec des organisations politiques, probablement le type d'association le plus susceptible de provoquer l'inquiétude et la répression de la part des officiels?

Les enquêtes d'Afrobaromètre dans 36 pays d'Afrique sont porteuses de nouvelles encourageantes: La plupart des Africains se sentent au moins « assez libres » de se joindre à tout groupe politique de leur choix. Mais seulement 21 sur 36 pays affichent des majorités qui se sentent « entièrement libres », et certains pays ont connu une forte chute de la liberté perçue.

De toute évidence, la liberté d'association va de pair avec les autres libertés et la démocratie: Là où les citoyens ressentent la liberté d'association, ils ressentent également la liberté de s'exprimer et voter selon leurs opinions, et perçoivent leurs pays comme des démocraties effectives.
Cependant, un sur trois Africains affirment que le gouvernement devrait pouvoir interdire toute organisation qui « s’oppose à ses politiques ».

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